La question de l’eau ou l’appel au sourcier

La question de l’eau ou l’appel au sourcier

Quand vous envisagez de créer un jardin afin de faire pousser des légumes, la question de l’eau se pose inéluctablement. Certes, nous envisageons de pailler énormément, ce qui limitera de fait l’évaporation, mais ne supprimera pas le besoin.

Quelle solution pour avoir de l’eau sur un terrain agricole qui en est dépourvu ?

  1. La bonne vieille tonne d’eau

    Solution ayant fait ses preuves et d’ailleurs utilisée auparavant (quand le terrain faisait 3 fois moins, il est vrai…), elle ne semble plus dimensionnée au besoin d’un champ de plus de 1.500 m² exploitables.

  2. Le puits (forage ou artésien)

    Cette idée nous a fortement séduit, il faut l’avouer, surtout qu’il y avait certains indices nous permettant d’imaginer que la situation géographique était propice : de nombreux puits aux alentours, un ancien four à chaux juste à côté (et oui, qui dit four à chaux dit chaux vive qu’il fallait éteindre avec… de l’eau pour en faire de la chaux « morte », de construction), ça sentait bon !

    Alors, on fait quoi ? Bah, faut appeler un sourcier ! Ah, ok, mais ça se trouve pas si facilement que ça, un sourcier ! Alors, on mène l’enquête jusqu’au moment où on nous dit : « Mais si, je connais untel qui connais untel, et son oncle, bah, il est sourcier !… » Victoire ! 😀 C’est bien tout ça mais ça fait quoi un sourcier (à ne pas confondre avec un sorcier, quoique…) ? Pour faire simple, c’est comme une grande antenne, mais humaine, qui arrive à capter la présence d’eau à travers un morceau de bois (du sorbier en général) ou de tout autre objet à sa convenance. Je suppose que chacun a sa technique mais voici comment a fait Paul :

    -tout d’abord, il s’est placé à l’angle de la parcelle et, avec son bâton, il a « scanné » la zone. A un moment, de lui-même, presque par magie diront certains, le bâton a piqué vers le sol et Paul s’est dirigé dans cette direction.

    -après avoir reproduit le processus afin de réduire la zone en un point déterminé, il restait à définir la profondeur et le débit. Pour le coup, ce n’est plus le même outil, c’est d’un pendule qu’il faut se munir :

    Là ou s’est vraiment bluffant, c’est de voir ce pendule se mettre à tourner sans intervention. Certes, en cette froide journée d’hiver, il y avait énormément de vent mais alors, comment expliquer qu’il se soit arrêté tout seul ? Pire, quand je l’ai pris en main, rien ne s’est passé de convainquant, un léger frémissement, tout juste (et peut être lié au vent, pour le coup). Il a suffit au sourcier de mettre sa main sur la mienne pour que le pendule se mette à tourner ! Résultat : 4 m3 /heure pour le débit, à 7 mètres de profondeur. C’est bien, c’est même très bien ! L’étape suivante consiste à faire creuser. Là, le choix doit se faire entre : -un « vrai » puits, du type avec margelle et seau, avec pose de buse d’un mètre de diamètre, évacuation de la terre du fond (où, d’ailleurs ?) -un forage, au diamètre moindre (environ 15 cm). Pour cette profondeur, le coût est sensiblement le même, mais dans tous les cas, il faut une pompe, et là ça se gâte…Et oui, ce que l’on n’avait pas anticipé, c’est l’accès à l’ectricité sur cette parcelle. Certes, des lignes assez haute tension passent en travers du champ mais il n’est guère envisageable de s’y raccorder… Et, après renseignements, la zone de raccordement possible se situe à près de 100 mètres. Et, à minimum 40€ le mètre, imaginez le budget pour un peu d’eau… Des solutions annexes peuvent être envisagées mais elles sont compliquées à mettre en place, d’autant plus que le champ n’est pas attenant à une habitation et que le risque de vol existe, nous avons dû nous rabattre sur…
  3. Le raccordement au réseau d’eau

    Seul solution économiquement viable, le réseau d’eau passant juste à côté du terrain nous permettra de bénéficier d’un débit régulier, sans avoir trop d’installations à mettre en place. Et, au vu du mode de culture prévue – avec beaucoup de paillage, et de la qualité de la terre argilo-limoneuse, le budget « eau » devrait être raisonnable.

    Tout ça pour ça, me direz-vous ? Effectivement, mais quel plaisir d’avoir vu un sourcier à l’oeuvre !

2 commentaires Ajoutez le votre

  1. Benoit dit :

    Excellent le so(u)rcier!
    Ce devrait être impressionnant!
    Merci pour cet article, en immersion, qui donne vraiment envie de suivre l’évolution de la parcelle.
    Longue vie au jardin d’essai!

    1. Merci pour votre commentaire.
      Effectivement, c’était impressionnant, surtout la précision (le débit, la profondeur, l’endroit où creuser). Certes, on n’a pas forer pour s’assurer de ces informations…
      Mais quand j’ai demandé un devis à une entreprise de la région, le patron s’est montré sceptique sur la possibilité de présence d’eau, l’endroit étant entre deux zones géologiques dont une est peu propice. Il a suffit que je lui donne le nom du sourcier pour le rassurer, sa réponse a été : « ah, mais lui, c’est une célébrité, on peut y aller les yeux fermés ! »

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