Appelez-le « Poire de terre »

Par analogie à la pomme de terre dont il partage d’ailleurs l’origine sud-américaine, le Yacón se fait appeler « Poire de terre », un nom qu’il doit à la forme légèrement fuselée de ses tubercules comestibles. La culture de ce légume-racine, assez peu connu en Europe, débute après les derniers frimas printaniers.

Avec son faux-air mafflu de passe-crassane, souligné par son galbe irrégulier et sa texture granuleuse, le Yacón a imprimé sa marque ferme dans les potagers. « Poire de terre » est le sobriquet dont la tradition vernaculaire l’a affublé comme pour affirmer son cousinage avec la « pomme de terre » originaire, comme elle, des territoires andins où l’agriculture Inca a prospéré au XVème siècle.

Ce légume se cultive assez facilement sous nos climats à condition de le tenir à l’écart du gel, un trait qu’il partage avec deux de ses proches parents, le tournesol et le dahlia. Ses tubercules se consomment le plus souvent cuits, comme ceux de la patate douce. Leur chair croquante et vaguement sucrée laisse toutefois une impression rafraîchissante à ceux qui préfèrent la déguster crue. La notoriété, encore très modeste, dont jouit le Yacón  tient surtout à son jus : on en tire un sirop brun riche en inuline, sucre simple aux vertus diététiques (il n’est pas absorbé ni digéré par l’organisme humain).

Plantation

Le développement du Yacón exige une bonne exposition soleil et des températures positives plutôt chaudes : il est donc conseillé d’attendre la fin des gels, au mois de mai dans les régions du nord, dès avril dans les régions méditerranéennes, pour enterrer les souches (ou les jeunes tubercules) dans un sol bien drainé et enrichi d’humus. La plante, assez buissonneuse, atteint au dernier stade de sa croissance une envergure minimale d’un mètre en largeur et une taille au moins identique à la verticale: le jardinier tiendra compte de ces mensurations pour aménager des espaces suffisants entre chaque plant, d’1,5 mètre au moins.

Culture

Entre l’enfouissement des tubercules germés et leur point de maturité, il s’écoule entre six et neuf mois. Dès la levée, il convient d’effectuer un premier buttage  pied par pied, puis un second lorsque le yacón atteint 15 à 20 centimètres de haut. Avant l’arrivée des premières grosses chaleurs estivales, en mai ou en juin suivant les régions, l’étalement d’un paillis sur le sol permettra de retenir l’humidité au niveau des plants. La poire de terre n’est pas particulièrement gourmande en eau : il faut néanmoins la protéger contre la sécheresse. En cas de déficit pluviométrique, ses racines devront donc être irriguées. Cet arrosage quotidien sera alors concentré à la base du végétal afin de garder ses feuilles au sec et les prémunir contre le risque de maladies fongiques. Ajoutons que le Yacón tubérise en jours courts : ses racines grossissent donc à partir de l’automne lorsque la durée d’ensoleillement est inférieure à 12 heures (septembre-octobre).

Récolte

Elle se fait par arrachage avant que n’adviennent les gelées blanches, septembre au plus tôt, décembre au plus tard. L’empreinte du froid, qui se manifeste par l’apparition de taches noires sur les feuilles, signale qu’il est temps de récolter les couronnes (ou collets)  à la base desquelles se développent un bouquet de quatre à huit tubercules. La poire de terre se multiplie par division des souches tubéreuses ou par bouturage des tiges.
 

4 commentaires Ajoutez le votre

  1. Charles dit :

    Une fois les souches en terre, combien de temps cela devrait-il prendre avant d’obtenir des nouvelles pousses ?

    1. Bonjour,

      Si les souches et nouvelles poussent n’ont pas gelées, vous devriez voir apparaitre les jeunes pousses sous 10 jours environ.
      Mais je vous conseille un passage en pot dans un premier temps, pour une installation définitive au jardin quand lesz risques de gelées sont exclus.

  2. Jujub dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet article. J’ai acheté un plan l’année dernière, divisé en deux avant la plantation et de nouveau cette année. La plante supporte s’est bien adaptée en climat méditerranéen avec des arrosages réguliers.
    Comme vous le faites remarquer, j’ai opté à chaque fois pour un départ en pot (après conservation hors gel pendant l’hivers) puis repiquage en pleine terre.
    A garder en tête au moment de la récolte, les tubercules sont à consommer rapidement car ils semblent se dessécher vite à l’air libre. Peut-être aurais-je du les laisser en terre ou dans du sable, à tester cette année.

    1. Oui, tant qu’elle ne subit pas le gel, elle se développe et supportera les divisions.
      Nous les avons conservé assez longtemps en bas du frigo mais si vous pouvez essayer en silo, dans du sable, votre retour d’expérience nous sera très utile !

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