Conseils pour réussir son semis de carottes

Les carottes sont un incontournable du jardin potager mais il n’est pas toujours facile de réussir son semis : souvent fourchues, parfois ne levant pas, il y a des pièges à éviter. Nous allons vous dévoiler notre technique et différents conseils qui nous donnent de bons résultats.

1- Préparation du sol et date de semis

*La préparation du sol est l’un des éléments les plus importants pour le semis de la carotte. En effet, le moindre caillou peut vous rendre une carotte fourchue. Il est donc essentiel d’obtenir un sol exempt de débris ou cailloux pouvant dévier la racine de vos carottes, par un travail assez profond (de l’ordre de 15-20 cm environ). S’il est préférable d’avoir un sol léger, un sol lourd n’est pas un inconvénient majeur, des carottes de type « Nantaise » sont suffisamment « fortes » pour les affronter.

*En ce qui concerne les dates de semis, hormis si vous souhaitez une production de carottes précoces (optez dans ces cas-là pour de la Touchon), rien ne sert de se précipiter. En Anjou, nous avons constater qu’un semis de mars met environ 3 semaines à lever quand le même semis verra le jour en mai en moins d’une semaine…

Le gain n’est donc pas très probant pour différentes raisons :

1- Gagner un mois sur la culture de carotte de conservation, pour quoi faire ? Manger des carottes en fin d’été alors qu’il y a tant de légumes au jardin ? En plus, si elles arrivent trop vite, elles risquent d’être trop grosses en hiver, lorsque vous voudrez les récolter et vous vous trouverez avec des carottes avec un gros coeur, parfois fibreux, voire des carottes qui « explosent » (mais ça, c’est plus lié à un arrosage irrégulier, un excès d’eau suivant une sécheresse, petite ou grosse).

2- Un semis, et une plante en général, doit pousser sans à-coups, la moindre difficulté fragilisera sa croissance et, donc, la production finale. Or, semer trop tôt c’est prendre des risques : trop de froid ne permettant pas une bonne levée, trop d’humidité risquant de faire pourrir les graines, trop de temps à lever permettant aux « mauvaises herbes » de concurrencer l’espace donnée aux carottes, pas assez de chaleur ce qui donne des plants fébriles et chétifs, etc. Soyez patient ! 😀

Pour nous, il vaut donc mieux respecter le cycle naturel de la carotte et semer qu’à partir de fin avril (pour le climat angevin, + ou – 15 jours en fonction d’où vous vous situez). Le travail est plus gratifiant quand tout pousse vite et vous vous donnez plus de chances de succès, la levée sera forcément plus belle !

Après ce plaidoyer pour la patience au jardin, passons au point suivant ! 😉

2- Préparer votre sillon

Vous avez bien travaillé votre terre, il n’y a plus le moindre caillou, bravo ! Il s’agit maintenant de tracer votre sillon :

Nous positionnons aux deux extrémités du futur rang des pancartes, piquets ou tout autre élément permettant de tirer une ficelle. Vous pouvez le faire dès cette étape afin de vous en servir comme un cordeau, mais nous trouvons cela gênant à ce moment du processus. De plus, nous aimons le challenge de faire des sillons droits sans assistance ! 🙂

Petite astuce La Bonne Graine : nous arrosons le fond du sillon, convenablement. Cela permet de garder le rang bien frais, même si le dessus de la terre a séché.

3- Positionnez vos graines

Les graines de carottes sont petites et vous n’avez aucun intérêt à semer trop dru car il vous faudra éclaircir fort ensuite. Nous ne pouvons que vous conseiller de ne pas avoir la main trop lourde à cette étape, là encore vous vous faciliterez la tâche car il n’y a rien de plus fastidieux que l’éclaircissage des carottes (opération que l’on appelle aussi de manière plus poétique le « démariage »).

Pour semez de manière assez régulière, il y a les semoirs de « pro », peut être un jour disponibles sur le site de La Bonne Graine, mais ce n’est pas encore au programme ! 🙂 Et puis, il ya les semoirs manuels et nous, on en a un !

Une antiquité diront certaines mauvaises langues mais on l’aime bien ! En cuivre, avec des taches vert-de-gris comme sur les statues ! Et de chez Vilmorin, Mesdames, Messieurs ! :

Si on va au-delà de l’aspect assurément « vintage », c’est bien pratique pour que vos graines ne tombent pas trop vite, ou en gros paquet. Un léger tapotement sur le côté et votre semis sera uniforme, bien plus pratique à éclaircir.

Pour votre information, si la norme de germination, légale et acceptée par la profession, est de 65 %, La Bonne Graine commercialise ses carottes à minimum 70-75%. Donc ne semez pas trop épais !

4- Recouvrez votre sillon

Afin de nous donner toutes les chances de voir une bonne levée, nous recouvrons le semis de terreau. Naturellement fin et émietté, souvent riche en tourbe, le terreau permet de maintenir le semis humide et permet aussi aux graines de ne pas avoir de difficultés à « percer ». La couleur noire permet aussi de maximiser la chaleur du soleil.

Nous vous invitons à ne pas recouvrir de beaucoup de terreau (moins d’un demi-centimètre) et à bien tasser avec votre main :

Attention cependant à bien garder cette couche humide, en arrosant légèrement mais très régulièrement. En effet, nous avons constaté une année que le terreau, en sèchant, s’était contracté et avait, pour le coup, soulevé les jeunes plantules, ce qui avait entrainé l’échec du semis, les jeunes racines n’étant plus en contact avec la terre.

Il ne vous reste plus qu’à bien arroser, puis un peu chaque jour.

Petite astuce La Bonne Graine : pour éviter que les chats du voisinage ne viennent gratter, maintenir une humidité constante est utile, ils n’aiment pas trop cela. Mais nous avons constaté qu’ils aiment encore moins les ficelles tendues (c’est vrai aussi pour les pigeons et autres oiseaux). Du coup, entre les piquets, on tend une ficelle qui fera office d’effaroucheur.

Simple, mais efficace !

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