Variétés en pot : le compte-rendu

Au printemps, nous vous avions exposé notre volonté de tester la culture de légumes en pot. L’idée ? Qu’un client possèdant un petit balcon au 3éme étage puisse mettre ses pots de tomates & co pour faire un apéro dînatoire avec ses amis et, surtout, avec sa production !

Aujourd’hui, il est venu le temps des conclusions (et non des cathédrales ! 😉 ). Si certaines craintes sont confirmées, il y a eu de bonnes surprises.

Méthodologie

Afin de se calquer au plus près des conditions réelles du jardinier amateur, nous avions tester les variétés « adaptées » à ce type de culture, dans deux tailles de pot (10 et 16 litres), afin d’étudier l’impact du contenant. Deux plants par pot et par variété, c’est pas scientifique mais ça donne une idée.

Le terreau utilisé est de type terreau de rempotage universel horticole et la culture était sous tunnel aéré (ouverture totale sur les cotés, ce qui peut reproduire les conditions d’un balcon abrité de type loggia), avec une irrigation au goutte à goutte à l’eau claire (sans ajout d’engrais).

Variétés testées

AubergineType
Blanche ronde à œufsMini-aubergine blanche
Ophelia F1Mini-aubergine violet
Orlando F1Mini-aubergine violet
PoivronType
Tangerine Dreammini poivron rouge
Lemon Dreammini poivron jaune
Balconi F1mini poivron rouge
Terrazzi F1mini poivron jaune
Barbados F1jaune
Kobold F1mini poivron rouge
Takila F1Snack-pepper orange
Brandy Red F1Snack-pepper rouge
TomateType
Vilmanaine rouge
Venusnaine orange
Azteknaine jaune
Tiny Timnaine rouge
Koralikrouge
Red Alertrouge
Maglia Rosacerise prune striée
BushSteakvariété déterminée à gros fruits rouges
Baby Boomer F1variété déterminée, type cerise
Concombre-cornichon 
Bush Championconcombre compact
Magnum F1Mini-concombre
Iznik F1Mini-concombre
Picklebushcornichon compact

Résultats et conclusions

D’une manière générale, il faut bien mettre en évidence qu’une culture en pot demande beaucoup de surveillance et d’entretien, bien plus qu’une culture en pleine terre : peu de réserve en eau et en nutriment complique la tâche ! Le jardinier devra donc être vigilant pour savoir reconnaître les symptomes d’un manque ou d’un trop-plein, chacun étant source de problème.

1- Aubergines

Orlando F1 – Ronde à Oeuf – Ophelia F1

Ces variétés spécifiques se prêtent bien à la culture en pot pour laquelle elles ont été conçues. Peu gourmande en eau, d’un port compact (ce qui permet d’éviter le tuteurage) tout en étant productive, elles sont faciles à réussir, ce qui justifie qu’on les a mis à la gamme pour cette saison 2018.

Le conseil La Bonne Graine : utilisez des pots d’au minimum 15 litres et n’hésitez pas à apporter, après la floraison, un petit engrais (organique, bien sûr !) afin d’aider vos plantes à produire des fruits en nombre. En effet, nous avons constaté une petite carence en nutriments sur la fin de la culture, ceux issus du terreau ayant été consommés par la croissance de la plante.

2- Poivrons

La encore, une belle réussite qui nous a amené à créer une gamme complète de variétés de poivrons pour pot, dès la saison 2018. On est comme ça nous, quand c’est bien, faut qu’on le partage ! 😉 Vous voici donc avec des mini-poivrons de formes et de couleurs fort variés, à tester à votre tour :

De croissance rapide et ne nécessitant pas, pour la plupart, de tuteur, nous avons été très surpris par l’énorme productivité de ces variétés. Les fruits, en plus d’être variés, sont excellents et facile à cueillir. De plus, charnus et ne contenant que peu de graines, ils pourront sans difficultés être farcis au gré de vos envies. En effet, leur petite taille n’obligeront pas vos convives à plus de deux bouchées, quelque soit la variété. Le challenge exposé en début d’article est remporté haut la main pour cette catégorie, clairement notre coup de coeur !

Le conseil La Bonne Graine Ces variétés ne nécessitent pas de grands pots, un de 10 litres peut suffire mais il leur faudra, plus encore que les aubergines, leur donner à « manger » via un engrais organique pour éviter la chlorose (désordre physiologique qui entraine une décoloration des feuilles, significative d’une carence).

3- Tomates cerises

Autant vous le dire de suite, cela constitue le plus grand bide et une vraie déception ! Pour ceux qui nous suivent assidûment, vous vous rappelez sans doute de notre test de dégustation de tomates cerises et cocktails, où vous retrouverez ces variétés.

Déjà, la culture n’est pas aisée, il faut un pot d’au moins 30 litres pour se simplifier la tâche car notre 16 litres était clairement trop petit : avec un terreau vite sec, la plante souffrait ; si on arrosait tous les jours, l’excès d’humidité faisait pourrir les racines ! Et si vous n’arrosez qu’à l’eau clair comme ce fut notre cas, vous constaterez vite que le manque d’engrais se fait rapidement sentir.

Ensuite, les variétés pouvant convenir ne sont pas si nombreuses. Si, en théorie, toutes les tomates cerises pourraient faire l’affaire, nous ne pouvons vous le conseillez. En effet, une tomate cerise basique est à port indéterminé, c’est à dire qu’elle pousse tant qu’elle rencontre des conditions favorables. En fin d’été, les besoins de tuteurage seront tels que vous serez clairement dépassé ! Pour éviter ce problème, les variétés sélectionnées étaient naines ou à port déterminé.

*tomates naines et compactes : nous avions déjà à la gamme la Tiny Tim et nous avions en échantillon les tomates Aztek, Vilma et Vénus. Naturellement naines et trapues, ces variétés sont étonnamment productives et pourraient parfaitement correspondre à la vision d’un potager au balcon, malheureusement, question goût, c’est pas terrible…

*tomates cerises à port déterminée : Là encore, en théorie, parfaitement adapté à une culture en pot. De forme variée, produisant de belles couleurs, parfois striées, on était confiant jusqu’au moment de la dégustation… Pas ou peu de goût, une peau épaisse quand ce n’est pas l’ensemble du haut de la tomate (Red Alert) qui est dur, bref, un bel aspect esthétique (couleur vive et fruit régulier) mais sans un grand intérêt gustatif. Pour nous, le goût, c’est important, on ne sélectionne pas ces variétés ! 🙁

Nous serions moins intransigeant sur la Koralik qui tire son épingle du jeu, en comparaison des autres mais est-elle bonne pour autant ? Pas sûr, nous la re-testerons l’année prochaine. La seule que nous conservons reste la Baby Boomer F1 parce que, soyons transparent, nous l’avions mis à la gamme avant de la tester (idem pour la Tiny Tim). Elle a passé l’épreuve cette année mais repassera l’examen la saison prochaine, accompagné d’autres variétés qui nous ont été proposé par des fournisseurs anglo-américains (à croire qu’ils sont plus en avance sur ce domaine que les continentaux ?!?).

*tomates à port déterminée : C’est-à-dire la tomate classique mais qui stoppe sa croissance d’elle-même. Nous avions sélectionné la BushSteak F1 mais elle cumule les problèmes de part la taille de ses fruits : le pot trop petit, pas assez de fertilisation pour la production de tel fruit, problème de tuteurage. Serait superbe sur une terrasse mais dans un demi-tonneau, par exemple.

4- Concombres / Cornichon

En ce qui concerne les concombres et cornichon, il faut obligatoirement prévoir un tuteurage. Au fur et à mesure de la croissance, la plante s’accrochera (avec votre aide, clips, ou d’elle même) au tuteur. Cela évitera que la tige se casse. Il faut aussi être vigilant en attachant la tige au tuteur car avec le poids des fruits le tuteur ou la tige peuvent casser.

Au démarrage de la culture en pot, les plants sont magnifiques et on obtient des fruits plus rapidement, mais en pleine terre la plante reste vigoureuse jusqu’à la fin de la saison, alors qu’en pot, le besoin d’engrais se fait rapidement sentir. De plus, il faut veiller à espacer ou séparer les différentes variétés de concombres sinon vous risquez des pollinisations croisées, ce qui amène des fruits légèrement difformes et donc peu esthétiques (mais toujours consommables).

Les variétés testées étaient parthénocarpiques pour la plupart, ce qui signifie qu’elles fournissent presque 100% de fleurs femelles, donc de fruits. Cela permet d’avoir un plant compact et de limiter les rameaux secondaires, ce qui est l’idéal si l’on souhaite faire pousser en pot. Malheureusement, les variétés testées en pot (Iznik F1 et Magnum F1), si elles ont donné de bons résultats, nous ont paru bien trop cher à l’achat – et donc à la vente 😉 ! – et ne nous paraissent pas apporter un énorme plus au catalogue (en comparaison par exemple à la variété Nimrod, tout juste intégrée).

Nous avons aussi fait une belle découverte avec la capacité du concombre cocktail Zehneria Scabra à pousser en pot. Pour rappel, ce concombre produit des petits fruits très décoratifs, vert foncé, moucheté de blanc et de forme ovale.

La production est longue et étalée sur la saison. Le fruit n’a pas d’amertume et est idéal à croquer pour l’apéritif bien que son goût soit assez plat. Qu’il soit cultivé en pot ou en pleine terre, la plante a une croissance vigoureuse et nécessite un palissage. Mais sa productivité est impressionnante et vous êtes assuré d’épater vos amis avec cette originalité ! 😀

Le conseil La Bonne Graine Bien que cela soit réalisable, nous ne pouvons que vous conseiller de privilégier la culture en pleine terre pour les concombres, sauf pour le concombre cocktail Zehneria Scabra.

Ainsi, pour conclure, nos expériences ont démontré que les variétés d’aubergines et de poivrons spécifiquement prévues pour être cultivées en pot ne poseront guère de problème de culture, même pour un jardinier novice, le seul impératif étant d’apporter une dose d’engrais organique en cours de croissance. En ce qui concerne les tomates, nous ne sommes pas encore convaincus mais ne demandons qu’à poursuivre les tests sur d’autres variétés. Quant aux concombres, rien ne s’opposerai théoriquement à la culture en pot, surtout sur des variétés modernes aux fleurs 100% femelles, mais cela exige plus de suivi et de technicité, à réserver aux jardiniers aguerris.

Alors, maintenant, à vous de tester !

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2 commentaires Ajoutez le votre

  1. Danoushia dit :

    Bonjour,
    J’ai trouvé votre article sur les essais absolument passionnant !!!!!
    J’ai moi-même cultivé en pot sur le balcon avec des résultats aussi décevants .
    Mais, surtout, puisqu’on utilise du terreau , même s’il est inscrit comme  » utilisable en bio » , je n’y ai pas confiance du tout !
    Les légumes qui poussent dedans ne sont pas si sains que ça !!!!
    Bravo encore pour ces essais et le partage si utile des résultats !
    Bonne saison,
    Cordialement.
    D.

    1. Bonjour,
      Nos résultats ont été décevant surtout pour les tomates, il ya eu de belles trouvailles en poivrons par exemple.
      L’usage du terreau est un autre débat, j’ai envie de dire. Mais un terreau bio vaut toujours mieux que non-bio, je pense. Ceci dit, pour de meilleur résultat, essayez de trouver des terreaux professionnels plutôt qu’en jardinerie.

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