Le repiquage des poireaux, comment faire ?

En suivant parfaitement nos conseils, vous êtes parvenus à obtenir de magnifiques plants de poireaux, de la taille d’un crayon. Il est temps de les repiquer s’ils ont atteint cette taille. Cette opération se réalise en général entre fin mai et jusqu’à fin juin. 

plants de poireaux

Les poireaux se classent en deux catégories, les poireaux d’été-automne et les poireaux d’hiver. La différence tient avant tout à leur capacité de résistance au froid, les premiers nommés n’aimant pas trop cela. Mais, ne nous trompons pas, si les poireaux d’hiver résistent aux grands froids, il n’en demeure pas moins qu’ils ne poussent presque plus une fois ce froid venu. Vous avez donc intérêt à semer tôt et à repiquer tôt afin de permettre à vos plants d’avoir le temps nécessaire pour pousser.

La préparation des plants de poireaux

Bien que certains bloggeurs vous diront que c’est inutile car le poireaux est super résistant (ce qui est vrai), la méthode la plus commune est d’ « habiller » les poireaux, c’est-à-dire de les préparer avant de les repiquer -comme s’ils allaient à une fête, en somme ! 😉

Pour cela, il faudra couper les racines pour ne laisser qu’environ 1 à 2 cm de racines. Cette opération obligera le poireau à refaire du « chevelu », ce qui signifie que le plant va développer la masse de racines, ce qui est propice par la suite à la croissance du plant. Voici comment procéder (pour les photos, nous avons nettoyé à l’eau les poireaux mais cela n’est pas essentiel, bien au contraire) :

Voilà, les racines sont coupées, maintenant, c’est au tour des feuilles ! Pas d’inquiétude, tout cela va repousser ! 😉 Coupez vos plants d’environ la moitié, au dessus de la jonction des feuilles :

plant de poireau - on coupe les feuilles
Juste au dessus de la jonction des feuilles…
plant de poireau avec les feuilles coupées
Maintenant, votre plant de poireau est fin prêt pour être planté

Ainsi habillé, votre plant va consacrer son énergie à repousser et ne souffrira pas d’une trop grande évaporation, vu que vous lui avez coupé une grande partie de ses capacités d’évaporation que sont ses feuilles. Nous nous répétons, n’ayez aucune crainte, le poireau est extrêmement résistant. Pour info, à l’arrachage et avant l’habillage, il  est même conseillé de le laisser faner ou sécher 2-3 jours sur le sol (à la mi-ombre si le soleil tape dur) afin de le durcir, cela améliorerai sa résistance à la mouche du poireau. Nous ne pouvons le garantir car nous n’avons pas essayé car, après arrachage, nous, on repique !

La préparation du terrain

Le poireau a besoin d’être enterré « creux », c’est-à-dire assez profondément. En effet, la partie blanche du fût du poireau est celle qui se trouve sous la terre, la partie verte étant la partie aérienne. Donc, plus il est profond en terre, plus vous aurez de blanc.

Pour commencer, réalisez un sillon d’environ 10 cm de profondeur, puis positionnez vos poireaux à leur place définie :

Si vous devez faire deux rangs l’un à côté de l’autre, comptez sur un espacement de 25 cm. Au Jardin d’Essai, nous ne le faisons presque jamais, nous alternons en général un rang de poireaux avec un rang de carottes car il est dit que la mouche pondeuse de la carotte n’aimerait pas l’odeur du poireau et que celle du poireau supporterait mal l’odeur de la carotte. C’est bien pratique, on ne l’a pas vraiment vérifié scientifiquement mais c’est bien plus joli au jardin alors on le fait ainsi !

Ensuite, en fonction de votre terre et de vos préférences, vous pouvez utiliser 2 outils :

Chacun à son utilité et ses adeptes mais c’est surtout le terrain qui va en décider : si la terre est trop sèche et/ouu trop légère, le trou va se reboucher dès le plantoir ressorti, si elle est trop argileuse, la terre collera, etc. Par contre, en terre fraîche bien ressuyée, le plantoir est l’outil adapté pour une plantation rapide. A vous de faire vos tests !

Une fois le trou réalisé, il ne reste plus qu’à y glisser le plant de poireau. Reboucher le trou n’est pas obligatoire car l’étape d’après y rémédiera : l’arrosage. En effet, l’apport d’eau fera tomber la terre dans le trou et les racines seront bien en contact avec la terre :

De même, votre sillon ne nécessite pas, à ce moment de la culture, d’être rebouché car vous risquez d’enterrer complètement votre plant si vous l’avez planté profond. Lorsque votre plant repartira et commencera à croître, les « mauvaises herbes » aussi, et combler votre sillon permettra, dans un même temps, d’effectuer un petit binage-désherbage. Hop, d’une pierre deux coups ! 😉

Au fur et à mesure de la croissance de vos poireaux, on ramène la terre le long du rang sous forme de butte (ce que l’on appelle le « buttage »), pour maximiser le blanc du fût, comme vous l’avez précédemment compris

La fertilisation du poireau

Votre poireau est un légume-feuille, il a donc besoin d’azote pour bien se développer. Dans une bonne terre de jardin, régulièrement fumée (cela signifie qu’elle a eu des apports de fumier, pas qu’il faut faire du feu, entendons-nous bien ! 😀 ), le poireau va se débrouiller tout seul.

Mais si vous souhaitez de très gros poireaux afin d’impressionner voisins et amis, vous devrez amener un surplus d’azote. Deux solutions simples et organiques s’offrent à vous :

-le purin d’ortie : bien dosé (1 litre de purin pour 10 litres d’eau), mais à n’utiliser qu’à 1 arrosage sur 4 maximum, cela constituera un apport appréciable pour vos poireaux et dynamisera leur croissance.

-la tonte de pelouse : à la plantation de vos poireaux, mettez une couche de 3-4 cm de tonte de pelouse entre les rangs, en veillant à ce que votre pelouse ne rentre pas en contact avec les plants, ce qui pourrait les faire pourrir. En se décomposant, la pelouse apportera l’azote nécessaire à vous plants, tout au long de leur culture.

Nous souhaitons toutefois attirer votre attention sur les dangers d’une fertilisation excessive. Lorsque l’on amène trop d’un élément tel que l’azote, il y a un risque de déséquilibre qui peut engendre plus de problème que l’effet escompté : si l’azote entraine une croissance forte, l’excès pollue les nappes phréatiques (sous forme de nitrates), des désordres physiologiques peuvent apparaître sur les plantes voisines qui vont pousser trop vite et seront plus sensibles aux maladies.

Nous vous conseillons de prévoir plus de plants que vous en avez l’habitude de consommer car, s’ils sont trop petits, vous en consommerez deux pour un. Et s’ils sont beaux, vous ferez plaisir au voisins. Le jardin, c’est la générosité !

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2 commentaires Ajoutez le votre

  1. FREDLI dit :

    Bonjour,
    pour l’habillage des poireaux je fais comme décrit dans votre article .Ensuite suivant la période je réalise deux opérations différentes : pour la mouche je fais comme vous l’indiquez : séchage au soleil .
    Pour le ver du poireaux : trempage 1/4 d’heure avant plantation dans de l’eau javellisée ( un bouchon d’eau de javel par litre d’eau ).
    Pour la plantation j’utilise un outil propre à la région ( sud de la France ) : la sape ; une espèce de houe, large près du manche et s’arrondissant de chaque côté pour finir en pointe.
    Je dispose les plants dans le sillon comme décrit et tout en creusant le sillon suivant je les recouvre avec la terre ainsi prélevée . Et ainsi de suite : la terre prélevée en traçant le rayon suivant rebouchant le précédent . une méthode permettant une plantation bien plus facile et rapide ne nécessitant pas de faire des trous.
    J’utilise cette méthode pour la plantation de tous les légumes du potager : salades, tomate, poivrons, aubergines, pommes de terre haricots etc.. seule la profondeur du sillon variant en fonction de la variété
    plantée.
    Méthode valable aussi bien que pour les plants en motte que pour ceux à racines nues.
    Bon courage à tous les amis jardiniers qui ont à souffrir des caprices du temps cette saison .

    1. Merci Fredli pour votre retour d’expérience, c’est toujours très enrichissant !
      Pour ce qui concerne l’usage de la javel, c’est un usage très fréquent mais il peut être discutable tant la javel détruit tous les micro-organismes, les bons comme les mauvais !

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