Retour sur… les essais de culture de pommes de terre

En tant que fidèle lecteur, il ne vous aura pas échappé que nous avions expérimenté deux modes de culture de pommes de terre en  2017 : la tour à pommes de  terre et la culture sous paille. Tout le principe étant d’essayer, nous allons vous détailler nos conclusions ainsi que nos pistes d’amélioration pour l’avenir.

1- La tour à pommes de terre

Durant tout l’été, nous avons « bichonné » nos deux tours de pommes de terre.

Au fur et à mesure de la croissance des plantes, de la tourbe ou du compost (en fonction de la tour) ont été rajouté.

Petit à petit le sommet de la tour est atteint.

Régulièrement, un arrosage manuel était nécessaire pour permettre une bonne croissance des plantes et surtout lors des épisodes de fortes chaleurs. La croissance était nettement plus rapide sur la tour de compost. Ainsi, tous les 4 à 5 jours, nous devions rajouter du compost, alors que la cadence était de tous les 6 à 7 jours pour la tourbe. Nous expliquons cette différence par le fait que le compost garde mieux l’humidité que la tourbe.

Début septembre, les tiges ont commencées à flétrir. La récolte s’est effectuée le 11 septembre, sur le thème « séance de fouilles archéologiques ». 😀 Après avoir enlevé le grillage, il suffisait de faire tomber le compost (ou tourbe) pour découvrir les patates.

Et là, qu’elle ne fût pas notre surprise !!!

L’excitation de faire une découverte a été de courte durée.

Il n’y avait que quelques pommes de terre sur les 20 premiers centimètres de la tour. Il fallait ensuite atteindre le fond de la tour pour apercevoir à nouveau les patates. Sur la hauteur des tiges aucun tubercule ne s’était développé. La récolte à été très faible. Malgré une croissance plus rapide dans le compost la quantité de pommes de terre était plus conséquente dans la tourbe (mais ce n’était pas les mêmes variétés, on ne peut donc pas en tirer de conclusions).

A/ Inconvénients

L’utilité de cette méthode de culture nous laisse perplexe !! :

1- Cette technique demande beaucoup de travail. Il faut très régulièrement réapprovisionner en tourbe/compost (environ 1m3 consommé pour chaque tour).

2- Un arrosage est indispensable si l’on veut obtenir une belle récolte.

3- Nous avons constaté un gaspillage important de la terre qui s’échappait par des mailles trop larges du grillage.

En conclusion, si les tours donnaient une jolie perspective au carré de culture, le résultat n’est pas concluant pour cette saison.

B/ Améliorations possibles

Plusieurs pistes d’amélioration s’offrent à nous :

  • un contenant plus adapté, herméthique permettrait d’éviter que le terreau s’échappe et garderait un taux d’hygrométrie élevé pour un meilleur développement des plantes.

  • certaines variétés sont probablement plus adaptées à ce mode de culture, mais lesquelles ?

  • un terreau peut être moins séchant.

N’hésitez surtout pas à nous retourner vos idées ou suggestions qui nous seront très utiles lors de nos prochains tests !!!

2- La culture sous paille

A/ En plein champ, au Jardin d’Essai

Notre carré de pomme de terre était séparé en deux cette année. Une moitié cultivée de manière traditionnelle, sous terre, et l’autre moitié en test, sous paille.

Les tubercules, préalablement germés, sont tous plantés le même jour le 18 avril 2017. Lors de la plantation, les températures extérieures étaient assez basses, avec des risques de gelées matinales.

Pour la plantation traditionnelle, nous avons tracé un sillon puis déposé un plant tout les 30 cm sur des rangs espacés de 70 cm.

Pour les plants sous paille, nous avons arrosé légèrement le terrain puis posé les plants à même le sol. Et pour terminer nous les avons recouvert de 10 à 15 cm de paille.

Au fur et à mesure de la croissance, nous avons butté les plants sous terre. Nous avons formé de petits ondins avec la paille pour les autres plants.

Nous avons remarqué que les plants sous terre étaient plus vigoureux, ils ont levé rapidement, en quinze jours. Pour les pommes de terre sous paille le résultat était plus hétérogène car l’épaisseur de la paille a ralenti le réchauffement du sol et donc la levée était plus lente. De même, la levée n’a pas toujours été excellente.

Notre explication : lors de la plantation, il faut être vigilant à l’humidité du sol. La paille joue un rôle d’isolant et si l’hygrométrie est trop basse, les plants ne partiront pas en végétation. Il sera donc intéressant de ne pas chercher à être  trop précoce avec cette technique qui ne semble pas adaptée à une plantation trop hâtive.

Par contre une fois que la paille est bien humide, les plants auront les conditions idéales pour une croissance optimale.

Il n’y a pas eu de maladies ou ravageurs durant la culture, mis à part une attaque de doryphores en toute fin de culture. Aucun traitement n’a été appliqué car les dégâts occasionnés n’impactaient pas la récolte (fruits quasi mûrs). Et il n’y a pas eu d’attaque de mulots sur les plants sous paille. Par contre, la paille offre un refuge idéal pour les limaces, mais ça ne semble pas affecter les tubercules :

Quel science du camouflage : la limace a pris la couleur du plant de pomme de terre ! 😉

Lors de la récolte de fin d’été (le 28 août), nous avons comparé approximativement la quantité récoltée entre les deux modes de culture (5 plants par variété et par type d’essai) .

VARIETESCULTURE SOUS PAILLE/POIDSCULTURE SOUS TERRE/POIDSCARACTERISTIQUES
Gourmandine1,900 kg2,820 kgpeau lisse, couleur standard, gros fruit, chair blanche
Passion2,530 kg3,490 kgpeau très lisse, peu épaisse, blanche, gros fruit, chair très pâle (blanche)
British Queen1,460 kg2,190 kgpeau clair, craquelée, avec de petit cratère, fruit assez gros, chair blanche
Arran Victory0,520 kg2,260 kgpeau très fine, assez lisse, légèrement craquelée, violine clair, petit fruit, chair blanche ++
Shetland Black1,160 kg0,850 kgpeau très fine, craquelée ++, violet (noir), petit fruit en long, chair blanche, anneau intérieur veiné violet
Orla1,825 kg1,580 kgpeau lisse avec quelques cratères fruit rond, assez gros, chair jaune clair
Red King Edward1,137 kg1,720 kgpeau craquelée ++, rouge/rosée, beau fruit plutôt allongé, chair blanche
Vitabella0,870 kg1,360 kgpeau clair, très lisse, fruit moyen, chair clair
Kerkovske1,050 kg1,380 kgpeau craquelée, jaune/marron, fruit moyen allongé, chair blanche
Maris Peer0,730 kg2,540 kgpeau clair, lisse, jaune, fruit moyen, chair blanche
Monika1,930 kg1,840 kgpeau assez lisse couleur standard gros fruit assez rond chair jaune clair
Juliette1,260 kg1,400 kgpeau légèrement craquelée, jaunâtre, fruit moyen allongé, chair pâle avec contour contraste blanc
Bambino1,125 kgpeau craquelée, jaunâtre, petit fruit rond, chair blanche
Maris Bard2,100 kgpeau lisse, blanche, tachetée, marron, gros fruit, chair très blanche pâle
Bohémia1,080 kg2,110 kgpeau légèrement craquelée, jaunâtre, gros fruit jaune
Double Fun1,270 kg1,050 kgpeau noire craquelée, fruit assez gros, chair blanche, contour violet
Barbora1,550 kgpeau lisse, jaunâtre, fruit moyen, chair blanche
Yukon Gold1,650 kgpeau légèrement craquelée, jaune/marron, fruit assez gros, chair blanche
Céphora2,650 kg1,450 kgpeau lisse, jaune clair, fruit moyen, chair blanc pâle

En moyenne, la production sous paille est plus faible. Nous avons constaté une différence d’un kilo supplémentaire pour la culture sous terre, probablement car la croissance des plants sous paille était moins vigoureuse.

B/ A côté du tunnel

D’autre part, nous avions aussi effectué un test de culture sous paille le long d’un tunnel (allée composée d’adventices tel que des orties, graminées ou encore des ronces…).

Cette fois-ci les plants avaient été déposé (le 29 mai 2017) directement sur un sol très sec, juste tondu. Nous avons arrosé plusieurs fois les rangs avant la levée. Après un début de culture lent et très hétérogène, nous avons ici aussi formé des ondins avec la paille.

Cette fois-ci, la récolte a été bien plus conséquente. Pour 3 kg de jeunes plants nous avons récolté 17,230 kg (Variété Manon) et 12,030kg (Variété Kuroda).

Lors de la récolte, nous avons pu remarquer une activité microbienne importante sur les zones très humides et une belle production de tubercules. Au contraire, sur les zones plus arides, pas de vie microbienne = patate très petite.

Nous estimons que la meilleure réussite sur cette zone se justifie par deux points essentiels : plus d’eau (lors des quelques pluies d’orages durant l’été, l’eau ruisselait le long du tunnel et tombait aux pieds des plants), plus de chaleur (cette zone est plus abritée du vent et la plantation a eu lieu plus tard en saison, dans un sol plus chaud).

C/ En conclusion

Pour conclure, voici les avantages :

  • la culture sous paille est idéale pour une récolte échelonnée. La récolte est facile, il suffit d’écarter la paille et de récolter les plants, sans avoir à détruire le plant qui continue sa croissance. On peut ainsi récolter en primeur et pour la conservation sur le même plant !
  • les tubercules récoltés sont « propres » (sans terre).
  • Cette technique nécessite peu d’opération culturale. Pas de terrain à travailler, pas de buttage. Il faut seulement avoir une quantité suffisante de paille pour recouvrir les plants tout au long de la culture.
  • La paille se décompose et apporte de l’humus au sol. Elle joue aussi un rôle de paillage et limite la présence de mauvaises herbes. En tant que culture pionnière, la culture de pomme de terre sous paille permet de « défricher » une prairie sans contrainte majeure : le paillage fait pourrir l’herbe et les racines de pommes de terre décompactent le sol.

Par contre, il faut cependant être très vigilant au début de culture et ne pas hésiter à faire des arrosages réguliers en fonction de la météo. Nous avons aussi constaté que certaines variétés semblent être plus adaptées à la culture sous paille. Un client maraîcher nous a signalé que le goût était différent entre la pleine terre et sous paille. Nous n’avons pu le tester cette année, nous essayerons de le faire l’année  prochaine.

L’expérience enrichissante de 2017 nous incite à continuer de tester ce mode de culture l’an prochain, en cherchant à l’améliorer. Si vous avez des idées ou diverses expériences, aidez-nous !

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29 commentaires Ajoutez le votre

  1. JEAN dit :

    bonjour,
    cet essai comparatif est particulièrement intéressant mais si vous donnez les poids récoltés nous ne savons pas le nombre de tubercules plantés !
    Cordialement

    1. Bonjour,
      Cette remarque est particulièrement juste !
      La réponse est 5 plants, je m’empresse de modifier l’article.
      Merci 😉

  2. Elisabetta dit :

    Je suis en Haute-Savoie à 500m, j’ai aussi essayé la culture sur gazon cette année, avec tontes de gazon comme paillage (pas de paille) et un peu de compost pour recouvrir les tubercules à la plantation. Excellents rendements avec Sarpo Mira (manifestement supérieurs à ceux de l’année dernière sous terre) , récolte tardive, en novembre 2017, les plants arrachés étaient magnifiques et encore verts. J’ai aussi planté des Amandines (plus hâtives) sur la même parcelle et de la même façon. Ici, la récolte a été moins spectaculaire, avec un rendement (non quantifié) un peu inférieur à la culture en terre des années précédentes.
    Peut-être les variétés tardives sont-elles plus adaptées à ce mode de culture?

    1. Bonjour,

      Oui, c’est ce que nous pensons aussi, il faudrait continuer les tests pour s’en assurer.
      Ce qui parait évident, c’est que cette technique ne convient pas pour une plantation précoce (même avec des variétés tardives).
      Nous allons réessayer cette année pour affiner tout ça, si vous faites pareil, tenez nous informés !

  3. Desprez De Gesincourt dit :

    Bonjour
    Habitant au maroc je suis en train de lancer un essai de tout à pommes de terre avec des caisses d oranges sans fond en bois
    Pour le moment je n ai monté que deux niveaux de caisses d une trentaine de cm
    Lea plants sont vigoureux
    Les pdt que je vous ai commandée sont en train de germer
    J attends de les planter et vous tiendrai au courant de l évolution et surtout des résultats
    Josselin

    1. Bonjour Josselin,
      J’ai bon souvenir de notre échange et je serais ravi d’avoir un retour sur votre expérience.
      A bientôt !

  4. Perez Jean-Etienne. dit :

    Bonjour,

    Concernant la plantation de pomme de terre sous paille j’ai quelques apports à faire à votre article (très bonne initiative au passage)

    Un départ tôt dans la saison peut se faire, si on ajoute une petite poignée de terre ou de compost humide sur chaque plant. En fait ils mettent même moins de temps que ceux qui sont en terre quand on prend cette petite précaution.
    On arrose à peine cette couche de terre et ça fournira l’humidité nécessaire au plant de patate pour émettre ses racines.

    Ensuite concernant le test comparatif j’ai pour ma part cultivé de la gourmandine, charlotte et rosabelle avec des rendements allant de 1kg 5 à 2kg 7 par plant en fonction de l’ensoleillement (mon terrain est ombragé sur une partie par une haie d’arbre, la productivité va diminuant au fur et à mesure de l’approche de la haie).
    Je n’ai jamais eu de tel rendement en enterrant mes plants.

    J’estime ces hauts rendements dus à 3 facteurs:

    Un départ en végétation plus rapide qui permet une activité photosynthétique maximale car les tiges feuillées mettent moins de temps à traverser la paille que la terre.
    Une dépense énergétique moindre du plant à repousser la terre par rapport à repousser la paille.
    Un non travail du sol qui permet de maintenir les remontées d’eau capillaires durant les épisodes de sécheresses grâce aux galeries de vers anéciques entre autre, et de toute la faune du sol.
    Tandis que ces même galeries sont détruites dès qu’on laboure, fraise etc..
    Ca c’est vital à comprendre en général dans le potager, car si le plant de patate n’aime pas bien l’eau sur son feuillage à cause du mildiou il n’est pas contre de l’humidité du sol ( point trop non plus ! ). Les agriculteurs par fortes chaleurs arrosent parfois pendant la période de floraison des plants sans quoi la récolte est moindre.
    Donc un peu d’eau par le dessous aide certainement à ces rendements.

    Pour ceux que ça intéresse je peux envoyer une vidéo d’extraction du plant de patate pour voir la facilité de récolte et l’abondance de tubercules.
    A moins qu’il soit possible de la mettre à la suite de ce commentaire ?

    Bien à vous.
    Jean-Etienne Perez
    Correspondant local pour la Creuse de l’association Brin de paille (le réseau français de permaculture).
    Conception / Conseil et formation en Permaculture

  5. Perez Jean-Etienne. dit :

    Ah et j’ai oublié de mentionner que la couche de paille initiale correspond à 15-20 cm non tassés ou le passage d’une balle de foin déroulée d’ environ 7-10 cm bien tassé.

    On peut au choix:
    Dérouler la balle sur les plants germés recouvert de leur terre ou de leur compost c’est beaucoup plus rapide.
    Ou si on est plus précautionneux, on peut dérouler la balle puis creuser un petit trou dans la paille pour chaque plant, poser la pomme de terre au niveau du sol sans oublier la petite poignée de terre ou de compost.
    C’est plus long mais on est sûr que les tiges traverseront sans problème la couche de terre meuble.

    Ensuite au moment de la floraison on peut rajouter à nouveau de la paille à la main (pas de balle de foin sinon on écrase les plants :p )
    On remet environ 15 à 20 cm.
    C’est le seul entretien à faire.
    Comparé au buttage c’est un jeu d’enfant surtout quand on fait tout à la main. Évidement c’est un peu de boulot quand on produit de grosses quantité mais pour ma part je produis 400kg de patates annuelles et ça se fait très bien 🙂

    1. Merci beaucoup pour cet apport d’expérience. Un peu débordé en ce moment, je n’ai pas lu votre message avant le nouveau test de l’année, sans quoi j’aurai ajouté une poignée de compost ! Mais on va probalement recommencer une planche, ce sera l’occasion de tester.
      Merci !

  6. limiñana Jean Michel dit :

    Je vais essayer une structure en bois elicoidale à 4 ou 6 cotés afin de laisser tout le long de la structure un espace suffisant pour que les organes aériens de chaque plants se développent latéralement. Les cotés vont faire 1 m et j’espére arriver a optimiser la production de cette façon.
    Et pourquoi pas mélanger les variétés afin de rendre plus amusant la récolte.
    La structure sera solidaire et il suffira de « démouler le mélange pour faire apparaire la récolte.
    Suite au prochain numéro.
    JM

    1. Ah oui, c’est intéressant !
      Vous nous envoyé des photos que l’on puisse voir ce que ça donne ? : info@labonnegraine.com
      Merci !

  7. Grégory dit :

    Bonjour, je viens de lire votre article qui je trouve, est très enrichissant.
    Je jardine sans motoculteur uniquement avec une grelinette seulement quand cela est nécessaire et je trouve que ma terre s’en porte que mieux!
    Je voulais vous suggérer, si vous n’y avez pas déja pensés, de construire votre tour à pomme de terre avec des bottes de pailles et remplir avec des matières azotés et carbonés voir même du compost…
    Je pense que la paille garderait l’humidité qu’il vous manque et serait une bonne réserve d’eau pour les pommes de terre.
    Je vais essayer l’année prochaine 😉 bon jardinage

    1. Bonjour,
      C’est une excellente idée, je fais suivre à mes collègues ! Merci !
      P.S. : de notre côté aussi, on a arrêté la moto-bineuse et on se demande même si on va pas la revendre !

  8. Patrice dit :

    Bonjour,
    J’adore lire tous ces partages d’expériences , merci , merci !
    Car, il semblerait bien que la culture sous paille donne des résultats différents selon la variété et l’exposition !
    Je l’ai tenté également , depuis deux ans avec de la Nicolas et Artémis, mises en terre à 15 jours d’intervalle, Artémis en premier, au moins un mois avant la floraison du lilas ; début de consommation en primeur : mi-juin . cette variété est divine en goût . Nicolas a été mise 15j après pour récolte plus tardive. Le constat est que les plus tardives subissent les grandes chaleurs et la production est moindre , et l’arrosage apporte maladies et bestioles .
    les deux variétés ont eu un développement plutôt réduit en feuilles ( mais sur hautes tiges ) , mais de beaux tubercules. Impossible d’arroser pendant les mois brûlants car l’humidité de la paille ( du foin sèché plus exactement) attire toutes les limaces et escargots du coin !!!! , ramassées à la main en abondance tous les jours sur les plants les plus près de ma haie !!!! pas dangereux pour les tubercules mais pour les tiges et feuilles si !!!
    Par-contre, même en rajoutant du foin, ( la pdt mère à été mise sur une terre ameublie ,et légèrement creusée , au fond une petite poignée de fumier bio en granulé et recouverte de terre ) je n’ai pu éviter quelques tubercules en surface qui ont verdi .
    Cette année, après ameublissement à la grelinette , je referais un trou peu profond avec le fumier en granulé au fond mais je pense mélanger du compost au foin de recouvrement pour qu’il soit plus occultant et butter tout de même les côté afin d’obtenir une rigole pour entourer les pieds d’eau en plein été , n’ayant jamais obtenu que mildiou et taupins en arrosage sur pieds .
    Voilà pour la mienne d’expérience …. il est vrai que les pdt de son jardin sont tellement plus savoureuses que celles du commerce , que ça vaut le coup de se décarcasser pour en obtenir le plus possible surtout dans son jardin d’amateur où la place manque ….

    1. Merci Patrice pour ce retour très précis et très apprécié, où l’on constate qu’il y a mille et une expériences réalisées par les jardiniers qui méritent toutes d’être exposées afin d’améliorer la connaissance générale !
      A bientôt.

  9. pierre dit :

    bonjour très intéressant ces essais
    faite un essais pailler dans le tunnel vous aurez des surprises j’ai un plant de patates qui reviens d’une année sur l’autre car j’oublie toujours une patate volontairement
    et en plus elle passe l’hiver dans le tunnel

  10. Stoeckel Hugues dit :

    M’étonne pas que les rendements soient moyens : la paille n’est pas un bon amendement du sol : rapport carbone/azote déséquilibré. La solution, c’est le foin ! Mon copain Didier Helmstetter l’a promu et le pratique avec succès depuis des années :
    https://potagerdurable.com/reportage-au-potager-du-paresseux/
    Et son bouqin est excellent :
    https://livre.fnac.com/a11113435/Helmstetter-Didier-Le-potager-du-paresseux-ou-comment-produire-des-legumes-plus-que-bio-sans-travail-du-sol-sans-en

    1. Nous connaissons le travail de Didier Helmstetter, nous avons même son livre. Son retour est très intéressant.
      Dans notre cas, la paille n’a pas vocation à être un amendement mais juste à remplacer l’étape du buttage.

  11. Benacchio dit :

    Moi aussi je trouve ça très intéressant de vous lire tous ! Pour ma part j’ai essayé la culture sous paille et le pb principal a été….les mulots et souris ! Pas une seule pomme de terre non grignotée. J’aimerais re essayer mais je sais pas comment lutter contre les rongeurs en question.

    1. Des chats ? 😀
      Plus sérieusement, avec des mulots, ça va pas être simple mais n’avez-vous pas le même problème en culture classique ?

      1. Michel dit :

        Le Pb avec les mulots, c’est qu’ils se déplacent souvent en surface pdt la nuit (et même le jour s’ils ont le couvert d’un paillis) C’est pour çà que les chats les prennent facilement (contrairement aux campagnols bien plus méfiants, très rare d’en voir un hors-sol, une chouette ne les raterait pas parce qu’ils sont gros et ils le savent).
        C’est aussi pour çà que les PdT sous paillis sont tout à fait à la portée des mulots. Sous terre ils y vont surtout si une taupe a passé sa galerie dans le pied , qu’ils vont utiliser en priorité : ils croqueront le pied mais pas forcément celui d’à coté…….alors qu’un campagnol ne fera que du sous-terrain…..mais sur toute la rangée!

        1. Michel dit :

          Un truc pour Benacchio, qui marche bien pour les mulots, à condition que le temps soit sec : enterrer dans le parc une vieille casserole ou un récipient quelconque pour que le bord soit à fleur de terre, avec 8 à 10cm d’eau dedans (laisser un bon bord sans eau) : ils y descendent pour boire -çà prouve bien qu’ils sont en surface la nuit- et s’y noient car ils ne peuvent pas remonter. Cà fera frémir les Végans mais faut bien sauver les meubles!
          J’avais une fois laissé un arrosoir au 1/3 plein, penché et le bord appuyé sur une buche. Parti en vacances, faisait chaud…..au retour j’avais 12 mulots dedans!

          1. Technique à essayer mais la quantité prise doit être bien faible par rapport à ce qu’il y a dans le secteur, non ?

  12. Bernard PATRY dit :

    Bonjour,
    Merci tout d’abord pour tous les commentaires ci-dessus que je viens de lire.
    Je pratique la culture de pomme de terre sous paillis depuis 10 ans. La première fois c’était par curiosité suite à un article sur le bi-mensuel « Les 4 saisons du jardin bio »
    Cette année là j’avais 10 rangs en conventionnel et j’ai fait 1 rang sous paillis avec 5 variétés .
    Quelle n’a pas été ma surprise au moment de la récolte. En soulevant le paillis le sol était recouvert de pommes de terre. De plus elles étaient toutes propres avec une belle peau lisse.
    Au niveau du rendement c’était environ 50% de plus. Je me rappelle très bien des rattes qui avaient un rendement exceptionnel.
    J’étais tellement enthousiaste que j’ai écrit au journal et ils ont lancé une expérimentation nationale. 70 jardiniers de toute la France ont participé et vous trouverez l’article dans le numéro 181 de mars/avril 2010.
    Depuis je ne cultive que sous paillis. Je n’ai jamais retrouvé ces rendements mais cette méthode me permets de moins solliciter mon dos.
    Depuis ces 10 années je pratique toujours la même technique.
    Sur un sol meuble, je déroule mon tuyau goutte à goutte et je dépose mes pommes de terre à chaque trou en les enfonçant légèrement suivant l’humidité du sol. Il faut de l’humidité pour que le tubercule démarre. Je saupoudre de compost ou de fumier mûr puis je mets une petite couche de feuilles mortes. Ensuite 10 à 15 cm de paille et je termine par une couche de tonte sèche pour l’étanchéité à la lumière.
    Je n’oublie pas poser un filet dessus pour éviter que les merles viennent gratter et mettre les pommes de terre au jour.
    Ensuite je ne fais rien avant la récolte à part des arrosages et bouillie bordelaise si besoin .
    En 2018 j’ai planté le 28 avril 2 variétés : Amandine et Sarpo Mira.
    Habituellement je le fais fin mars début avril mais ma terre était trop humide.
    Je n’ai fait qu’un seul traitement à la bouillie bordelaise.
    J’ai récolté mi-octobre et j’ai été surpris de constater un très bon rendement et de gros tubercules avec Amandine et une récolte moyenne avec Sarpo Mira. Habituellement c’est le contraire.
    Il est toujours difficile de tirer des conclusions car il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte.
    Pour ma part j’ai adopté cette technique de culture et à preuve du contraire je n’en changerai pas.
    BP

    1. Bonjour Bernard, merci pour ce super commentaire, très détaillé et instructif.
      Je vois que vous arrosez en goutte-à-goutte sous la paille, ce qui doit limiter le problème de champignons, peut être même de limaces.
      Encore une amélioration de la technique exposée dans cet article, merci !

  13. d.verger dit :

    bonjour, personnellement en 2017 j’ai fais ceci:

    Prèparation du sol à la grelinette, sol préalablement enrichi avec du compost et fumier décomposé.
    Mise en place des pommes de terre dans le sol comme à l’habitude;
    dés la levée apport de paille jusqu’à avoir environ 30cm d’épaisseur.
    Nous n’avons pas eu de mildiou, très peu d’arrosage et une très bonne récolte par apport aux années précédentes.
    Nous avons un sol pauvre, sablonneux, avec au fond de la grave et de l’alios.
    Cette année je vais pailler à la même quantité, mais cette fois ci avec des feuilles de chêne.
    Qu’en pensez vous?

    1. Bonjour,
      A première vue, pas de contre-indication pour la feuille de chêne mais cela risque de mettre un peu plus de temps que la paille à se décomposer. Peut être la broyer avec un passage sous la tondeuse avant ?

  14. Michel dit :

    Sous paille, pourquoi pas?
    Réchauffement du couvert immédiat dès que le soleil est là et donc les PdT démarrent bcp plus vite, encore plus si elles sont bien prégermées
    Mais le rendement sera très variable selon les variétés…en fonction de la façon dont chaque variété émet ses racines nourricières :
    -Certaines font leurs racines autour du pied, voire un peu en dessous (Adora par ex.) avec donc des stolons (au bout desquels on aura les PdT) au même niveau. Ces variétés peuvent être posées (plutôt légèrement enfouies) sans Pb,
    -la plupart des autres (par ex. Amandine) émettent leurs racines AU DESSUS du pied-mère, depuis la base des germes puis sur plusieurs CM. Il suffit d’arracher un très jeune pied pour l’observer . Sans terre sur ces racines le plant tirera sa (faible) vigueur d’abord des réserves du plant qui allongera quand-même quelques racines jusqu’à la terre…La végétation part bien mais la nourriture du plant reste insuffisante pour former les nouvelles PdT qui épuisent le plant pour se former (c’est très gourmand, une PdT qui se forme)…..et le rendement chute, bcp de PdT restent petites avec 2 ou 3 grosses ici ou là.
    Mon conseil pour une culture sous paille serait d’abord de bien détasser la parcelle puis d’enfouir légèrement le plant (une dizaine de cm quand-même) et de faire sur chaque plant un petit monticule à la main avant le paillage.
    C’est bcp plus rapide et moins fatigant à faire que les grosse buttes, le démarrage est presque immédiat (si plant bien prégermé) et là les racines seront en terre mais bcp de PdT seront dans la paille (épaisse pour éviter tout verdissement.
    C’est un peu du mixte entre les 2 méthodes mais le résultat et le rendement seront bien plus assurés quelque soit la variété.
    Si l’on part de la simple observation du développement d’un pied mère , on en déduit la logique de cette variante. Essayez!

    1. Merci pour ce retour, c’est une analyse intéressante. Je ne sais pas si on aura assez de place mais on essayera, si possible, l’ensemble des variantes proposées par chacun.

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