Betteraves colorées : anciennes vs hybrides, le match !

Vous qui nous suivez régulièrement, vous savez que ce qui nous porte avant tout chez La Bonne Graine (et via Le Jardin d’Essai), c’est de tester. Pas d’oeillères ou d’a priori, des essais et des tests ! Voici donc le résultat du match opposant les betteraves blanches et jaunes à leur consoeurs modernes.

La culture

La culture de la betterave, qu’elle soit rouge ou de couleur, n’est pas difficile à proprement parler. Un semis, un repiquage en place, un peu d’eau et de la patience, vous connaissez tout ça, vous les jardiniers émérites ! 😉

Donc, en cet été 2019, chaud et caniculaire, la seule contrainte consistait en la capacité à maintenir les plantes dans un sol suffisamment frais pour être propice. Un bon paillage est un bon début, un sol argileux aide aussi, ainsi que des bons arrosages, peu fréquents mais conséquents.

Vont être testées les betteraves blanches Albina Vereduna et sa version hybride Avalanche F1 ainsi que les betteraves jaunes Burpee’s Golden face à Boldor F1.

En terme de culture, peu de différences sont notables, les 4 variétés ont une croissance soutenue et régulière et il n’y a rien de particulier à relever au niveau du feuillage entre les 4 variétés. Aucune variété ne paraît rachitique mais aucune non plus ne paraît avoir peiné.

La récolte

Lors de la récolte, on arrive plus facilement à voir la différence entre les variétés : leur forme, leur couleur, leur poids moyen, etc.

A l’oeil, et c’est le propre des variétés hybrides modernes, on constate une plus grande homogénéité dans la forme, moins de racines secondaires, un collet (attache des feuilles) souvent moins large, bref, les hybrides sont visuellement plus attractives, plus régulières dans leur forme, ce qui n’est pas surprenant car c’est ce que l’on attend d’un hybride : standard et homogène. On peut le constater aisément sur cette photo avec les betteraves jaunes :

Faisons un petit point plus précis par couleur :

Les betteraves jaunes

*Boldor F1 (moderne) / Burpee’s Golden (ancienne) :

Comme nous pouvons le voir sur ces photos, la forme est plus régulière pour la Boldor F1, plus ronde et moins « côtelée » que la Burpee’s Golden. La couleur de sa chair est, par contre, bien plus clair, Boldor F1 est jaune quand Burpee’s Golden est vraiment orange, alors que la couleur extérieure est identique. Quant au poids moyen, il est sensiblement identique.

*Avalanche F1 (moderne) / Albina Vereduna (ancienne) :

Pour cette couleur aussi on retrouve l’avantage de l’hybride : Avalanche F1 est plus régulière, plus ronde (moins « tortueuse »), avec peu de racines quand Albina est plus ventrue, plus aplatie, mais aussi bien plus grosse en poids moyen (480 g contre 330 g). Pour la couleur, c’est sensiblement la même.

En conclusion, nous constatons un avantage pour les hybrides qui sont un cran au-dessus dans la présentation, sans contestation possible.

La dégustation

Alors là, on a été scotché à plusieurs niveaux !
Pour toujours mieux vous servir 😉, nous avons acheté un réfractomètre afin de connaitre les degrés Brix contenus dans nos plantes. Le Brix sert à connaitre le pourcentage de matière sèche soluble et plus le degré Brix est élevé, plus le légume est sucré.

Si le degré Brix calculé pour les betteraves jaunes était similaire (9°B), la betterave Avalanche F1 était de 10,10°B contre 9,3°B pour la Albina, et l’on a pu retrouver cette différence lors de la dégustation crue du produit. De même, la Boldor F1 était meilleure en goût que la Burpee’s Golden où le goût « terreux » était très présent. Nous devons avouer que ces deux premiers points (degrés Brix + goût en cru) étaient favorables aux hybrides et que, sincèrement, cela nous a surpris.

Betterave jaune ou orange ?

Mais, comme nous aimons à le répéter, pas d’oeillères chez La Bonne Graine, que des essais ! Nous avons donc poursuivi avec une dégustation cuite, à l’aveugle, où seul le cuisinier connaissait les variétés et le retour a été tout à fait unanime, avec une victoire nette et sans bavure en faveur des variétés anciennes : ces dernières avaient un goût plus complexe et surtout, à l’inverse de la dégustation crue, elles étaient plus sucrées que leurs consoeurs hybrides, leurs saveurs étaient multiples quand les variétés modernes étaient plus plates, plus « lisses ».

En terme de goût, si vous les faites cuire, l’avantage est donc nettement à destination des variétés anciennes.

Conclusion

Chacun a son avantage et il nous apparait intéressant de mettre en ligne les variétés hybrides essayées. Et, si vous prenez autant de plaisir que nous à faire des comparatifs, vous pourrez les mettre face-à-face dès la saison 2020. N’hésitez pas à nous faire part de vos propres conclusions, les années, le terroir, les goûts, tout peut faire varier le résultat et nous serions ravis d’avoir votre retour.

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