La multiplication des rosiers par greffage

Le greffage est un processus de culture et de multiplication. Dans le cas du rosier, le greffage permet la multiplication d’un beau rosier de votre couleur et forme favorite (la plante mère) en de nombreux autres rosiers, et cela tout en conservant les caractéristiques qui vous font chavirer.

Cette multiplication appelée « végétative » est une sorte de clonage, comme l’est le bouturage ou le marcottage. Mais pas que ! Car le greffage apporte également une vigueur et des résistances accrues grâce au porte-greffe utilisé.

Pour obtenir un rosier greffé, l’ensemble des étapes nécessite trois ans, du semis du porte-greffe au rosier définitif. Mais en optant pour un plant, vous gagnerez déjà 1 an.

Les étapes

1- La plantation du porte-greffe : janvier à mars, année 1

Tout commence bien souvent avec une graine, en l’occurrence ici celle du porte-greffe. Les espèces utilisées étant vigoureuses comme rosa multiflora par exemple, il ne faudra qu’un an à cette graine pour donner un plant. S’ensuit la plantation de jeune plant en pleine terre pour qu’il devienne assez grand pour être apte à être greffé. Vous trouverez de janvier à mars des jeunes plants de porte-greffe rosa multiflora sur le site marchand de La Bonne Graine.

rosa multiflora, plant de porte-greffe pour rosier
3 petits plants de rosa multiflora, quand petit plant deviendra grand…

Le choix du porte-greffe est important car c’est celui qui déterminera la vigueur et la capacité d’adaptation de la plante à son sol. Schématiquement, le porte-greffe formera les racines quand le greffon (la variété que vous grefferez dessus) produira les fleurs. Ainsi, si le porte-greffe n’est pas adapté à votre sol, vous risquez d’avoir un rosier chétif, quelque soit la variété greffée dessus, vu que celle-ci n’aura aucun impact sur le développement racinaire. En sol calcaire, peu adapté au rosier, seul le porte-greffe rosa canina fera l’affaire mais sa vigueur est faible quand rosa multiflora est très florifère et adapté à l’ensemble des autres sols.

La plantation du plant se fait en hiver et vous veillerez à ôter les petites racines le long de la tige sur 3 à 4 cm, entre le collet et les racines principales. C’est à cet endroit que vous grefferez ultérieurement. Essayez de laisser cette partie au-dessus de la terre.

2- Le greffage par écussonnage : août à septembre, année 1

Dès l’été suivant, le porte-greffe sera assez développé pour le greffage. Voilà, c’est à ce moment que le porte-greffe est prêt à recevoir le greffon de votre variété préférée, vous savez, celle de la grand-mère dont personne ne connait le nom mais qui sent si bon… (on parle bien de la variété de rosier, hein ?! 🤨)

Porte-greffe rosa multiflora
Porte-greffe Rosa Multiflora prêt pour le greffage, il a bien grandi en 6 mois, non ?

*Le matériel nécessaire :

Afin de réaliser son greffage, il est nécessaire d’avoir un outil très tranchant tel un greffoir et, bien sûr, un rameau du rosier à multiplier. Il faudra aussi vous munir de ruban pour tenir le rôle du pansement. Mais des vitagreffes (sorte d’enveloppes) sont bien plus pratiques avec leur agrafe (vous en trouverez ici).

*Travail préliminaire : récolte du greffon (écusson) :

On greffe généralement entre début août et fin septembre. Le greffage consiste à assembler un greffon sur un porte-greffe, pour le rosier c’est un œil (bourgeon) que l’on greffe au niveau du collet (jonction entre les racines et la tige) du porte-greffe.

Œil du rameau du rosier à multiplier
Un bourgeon dormant du cultivar à multiplier.

Pour ce type de greffage, on prélève un écusson (un bourgeon avec de l’écorce) sur un rameau du cultivar que l’on souhaite multiplier : rappellez-vous, c’était votre rosier préféré. C’est ce qu’on appelle le greffon.

Vous avez prélevé le greffon, vous êtes fin prêt, il va falloir l’installer au contact du porte-greffe.

*La mise en place du greffon sur le porte-greffe :

Avant d’envisager le greffage, il vous faudra préparer le porte-greffe. Enlevez la terre autour du collet et supprimez les radicelles qui pourraient y avoir poussées.

greffage au collet
Préparation du collet pour le greffage

Le collet est dégagé, on va entailler l’écorce de celui-ci, à l’aide du greffoir, en forme de T, pour y glisser le greffon. L’opération est minutieuse car le contact entre le bois et la languette doit être parfait :

Une fois l’écusson glissé dans la fente en T, et tout en évitant de mettre de la terre dans la plaie, il vous faudra mettre un pansement. Et le tour est joué !

*La pose du pansement :

Le pansement a pour but d’éviter l’entrée des pathogènes dans la plante et évite également que le greffon ne sèche. Dans notre cas, comme précisé plus haut, nous avons opté pour un « vitagreffe » :

3- Après la greffe : la cicatrisation : septembre (année 1) à février (année 2)

Aucune taille n’est nécessaire à ce moment-là. A part le nettoyage que vous avez réalisé préalablement pour dégager le collet pour la greffe si cela était nécessaire, vous n’avez pas touché aux branches du porte-greffe. La ramure ainsi laissée permet de ne pas épuiser la plante après le greffage et sert de tire sève pour favoriser la soudure du greffon.

En effet, le greffon doit cicatriser sur le porte greffe et ainsi ne faire qu’un seul et même rosier. Cette soudure entre le greffon et son porte greffe se fera pendant l’hiver, les feuilles du rosier vont tomber et la plante entière va se mettre au repos. Jusqu’au début du printemps où le rosier va redémarrer en végétation.

4- Après la greffe : le départ du greffon : mars année 2

Pour favoriser la pousse du greffon, au mois de mars, il faut tailler la ramure du porte greffe, ce qui va concentrer la sève vers l’œil du greffon qui va se mettre à pousser. Comment faire ? C’est très simple, vous coupez juste au-dessus de la greffe. C’est assez impressionnant car il ne reste qu’un tronc mais n’ayez crainte.

La greffe ayant prise, la nouvelle tige de votre rosier va se former. Le vitagreffe est prévu pour se décomposer durant l’année, ce qui permet à la nouvelle tige de percer. L’agrafe en fer peut rester dans le sol.

Arrivé au mois de juin, il vous suffira de tailler cette nouvelle tige pour que votre rosier s’étoffe et produise une ramure qui portera par la suite vos fleurs préférées, tant attendues ! Et si la greffe n’a pas prise, vous pourrez recommencer l’opération en greffant juste en dessous de votre premier essai.

Voici, en accéléré, la multiplication d’un rosier par greffage. L’Anjou a une grande culture du greffage de rosiers et c’est encore un bassin de production important avec près de 40% des rosiers produits en France.

Mais, maintenant, au tour de votre jardin d’être terre de greffe ! 😉

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