Carottes primeurs, le secret de la réussite

Il se peut que vous ne connaissiez pas les carottes primeurs, ou simplement par leur appellation. Dès que vous les aurez goutées, vous attendrez impatiemment le retour du prochain printemps. Quel ravissement pour les papilles que de déguster ces petites carottes, toutes tendres avec leur texture fondante et leur goût incomparable, parfumé et sucré. On vous en donne l’eau à la bouche, non ?

Les carottes primeurs peuvent se croquer tout simplement dès la cueillette. Ne vous embarrassez pas de la corvée d’épluchage, un bon brossage sous un filet d’eau leur suffira amplement, leur peau étant encore fine. Sinon, vous pouvez les faire cuire à la vapeur et revenir dans un peu de beurre pour qu’elles caramélisent, un délice !
Mais vous vous demandez certainement si il y a une technique pour leur culture. Vous êtes venus au bon endroit, on vous explique comment on s’y est pris au Jardin d’Essai.

Quand et comment cultiver les carottes primeurs ?

1- Quand semer ?
Pour profiter de leur saveur dès le printemps, il vous faut semer entre le mois d’octobre et la fin février sous abri, inévitablement. Préparez préalablement votre sol en ayant pris soin de retirer les adventices qui entreraient directement en concurrence avec vos semis. Au jardin d’Essai, nous avions préparé la terre de notre tunnel en réalisant un faux-semis (qui fait également l’objet  d’un article . Si vous ne connaissez pas la technique : cliquez-ici).

2- Les variétés
Il vous faudra choisir des variétés dites précoces et à croissance rapide. Au Jardin d’Essai, nous avons testé 6 variétés :

3- Le semis
Semez léger car les graines de carottes sont très fines et l’éclaircissage sera de mise, surtout pour les carottes primeurs. En effet, semées en hiver, celles-ci ne bénéficieront pas d’une grande luminosité. Il faudra veiller à leur laisser suffisamment d’espace pour que les feuilles puissent capter la lumière. Sinon, vos carottes monteront en feuilles plutôt que d’enraciner. Cela s’est vérifié lors de notre essai avec la carotte Chantenay à cœur rouge qui a été semée un peu plus dense que les autres.  Les plants sont montés en feuilles et nous avons noté une disparité sur la taille des carottes lors de la récolte.
D’ailleurs, on soupçonnerait même qu’il y ait un lien avec la couleur des carottes. Les trois variétés ( Short’N Sweet Chantenay à cœur rouge et Touchon) dont les feuilles étaient les plus hautes se sont révélées toute pâlotte. Ce qui en a affecté directement leur goût, moins sucrées que les autres. Regardez par vous-même (légende de gauche à droite) :



Après quelques recherches, il serait possible que la chaleur modifie la couleur de la carotte. Une température de -20°C et de + de 30°C réduirait sa couleur orange, ajoutez à cela une faible luminosité due aux mois d’hiver et vous obtiendrez des carottes orange tirant vers le blanc, ou plutôt l’inverse ! Un retour à leur état originel , car si vous ne le saviez pas déjà, l’ancêtre de la carotte moderne était blanche, moins goûtue et plus fibreuse. Simple hypothèse ou réalité, cela serait à confirmer, lors d’un prochain test peut-être. N’hésitez pas à nous partager votre expérience en commentaire, il est toujours intéressant d’échanger sur les expériences de chacun.

La culture

A l’abri tout l’hiver, les carottes se sont très peu développées. Nous les avions semé mi-octobre, elles ont levé correctement, regardez les semis un mois après (mi-novembre).
On se rend bien compte sur les photos la différence de densité entre les deux semis, ce qui donnerait l’explication d’un tel écart de couleur et de goût entre les deux variétés.

Mais, jusqu’à la mi-février, la culture n’a pas énormément évolué. Ce n’est que le dernier mois, en mars, qu’avec la montée de la température (20°C dans le tunnel la journée), les plants ont pris leur aise et se sont étoffés. Quelques arrosages ont été nécessaires pour garder la terre humide.

Récolte

Les carottes primeurs s’arrachent généralement 4 mois après le semis, lorsqu’elles sont immatures. Elles doivent atteindre la taille d’un rayon pour les variétés demi-longues ou la taille d’une noix pour les rondes. Arrosez légèrement avant de les récolter, vous n’aurez plus qu’à tirer doucement sur les fanes pour les faire sortir de terre.

Conclusion

Une chose est sûre, la récolte de ces minis-légumes tout tendres aura été un véritable délice pour nos papilles. La taille des carottes étaient assez homogènes d’une variété à l’autre, pas de véritable différence si ce n’est la Chantenay qui avait une majorité de petites. La Amsterdam s’est avérée un peu irrégulière mais cela a été compensé par sa jolie couleur et son bon goût sucré.  La variété Rothild Bio nous a conquis tout le long de la culture. Elle a été la première à lever et à grossir, ses feuilles étaient d’un vert soutenu par rapport aux autres et au test de goût, il a fallu la départager avec la Amsterdam. Elle restera juste derrière la petite ronde Marché de Paris, de taille tout à fait correct et d’une saveur inégalée.

Nous retiendrons que rien ne sert de semer trop tôt, le manque de luminosité leur étant préjudiciable. Cela aura néanmoins eu l’avantage de ne pas garder le terrain nu et d’éviter ainsi un désherbage et un long travail de décompactage de la terre.

 

 

 

 

 

À lire aussi
Carottes primeurs, le secret de la réussite
Céleri-rave, une boule sur-vitaminée
Les épinards
Le bras de fer des épinards
chou cabus
Lisse comme une peau de choux cabus
Fenouils
Le fenouil, un légume anisé
Retour

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *